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Larme montante à nommer

Ce matin, j’ai une larme qui monte dans un œil. Juste un. Je la sens partir de mon bas-ventre et se frayer un chemin du côté droit de mon corps. Elle remonte le courant de ma sensibilité, frappe doucement à la paroi de ma joue pour m’avertir. Elle est là, toute douce, sans raison apparente.

Les hormones, peut-être. Ou la joie. Gratitude intense ces jours-ci, devant tout le beau que la vie m’apporte. Devant toutes les preuves couleurs sur blanc que je suis à la bonne place et que je fais les bons choix.

De la tristesse, peut-être, aussi. Joie et tristesse peuvent cohabiter ; c’est comme dans une maison où les opposés s’attirent, s’endurent, se réconcilient et font l’amour.

J’ai de la misère avec ma tristesse. Je veux dire : ce n’est pas évident pour moi d’être en contact avec cette émotion assez longtemps pour la regarder dans les yeux. Quand je le fais, je viens avec les yeux pleins d’eau, je détourne le regard, je retourne dans mes pensées. Elles, je les connais ! Pourtant, si je prenais le temps de fermer les yeux pour regarder en moi, je trouverais des choses…

Oui, des choses. Rien de concret, rien de précis, pour l’instant. Parce que depuis tellement longtemps, je fais semblant que je n’ai jamais de peine. Je commence à peine à tolérer de dire « ça me rend triste »… Je ne suis pas encore rendue à dire « je suis triste ». « J’ai de la tristesse », peut-être que ce serait moins confrontant pour moi. Je possède une émotion au lieu d’être possédée par elle.

Comment exprimez-vous cette émotion de tristesse ? À quel endroit de votre corps la ressentez-vous ? Moi, c’est parfois mon nez qui picote. L’eau salée me monte au nez, sûrement. Je connais bien la peur, ah ça, oui ! La colère ? On a été colocs pendant plusieurs années, là, je l’ai envoyée (se) promener loin de moi. Je recommence à explorer la possibilité de la laisser monter quand c’est nécessaire. Elle aussi a des choses à raconter, des messages à passer. Mais j’ai peur (eh oui, la peur est de retour, déjà !) de ce qui peut sortir et de son impact. Et la joie ? Elle aussi est au neutre la majorité du temps. Attendez un peu, je l’appelle et je lui donne rendez-vous sur la rue de la Légèreté, au café des Rires.

J’ai tellement voulu gérer mes émotions dans le passé que je les ai éteintes. C’est tout un art de les récupérer, de les reconnaître, de les rallumer, de les exprimer et de me pardonner. Une larme qui monte à la fois.

Nathalie Courcy, votre accompagnante à l’écriture

 

 

Nathalie Courcy

Je suis passionnée de mots, de communication et de bien-être global. Je suis la co-auteure du livre Zoé douée et propriétaire des Éditions Quatre et demi. Je détiens un doctorat en littérature (U. Laval). Je suis la maman heureuse de quatre magnifiques enfants.

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