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Bibliothèque = temple des mots

Les mots et les sourires se ressemblent : gratuits et puissants.

J’admets (presque sans honte) avoir énormément de difficulté à résister aux livres, cahiers d’écriture, stylos et autres outils d’écriture et de lecture. Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas. Mais la dépendance aux livres aussi, c’est comme le sans gluten : ça coûte cher, même si c’est bon pour la santé.

Depuis le début du mois d’avril, mon Outaouais d’adoption vit de couvre-feu et d’école virtuelle. Avoir une grande famille a ses avantages, dont celui de rendre le sentiment d’isolement moins féroce. Le cinéma, les salles d’entraînement, les déplacements dans le trafic et les soupers au restaurant ne me manquent pas vraiment. Je vis bien sans ces sorties et sans les foules qui les accompagnent.

Ce qui me manque, ce sont les lieux de rencontre avec les mots.

Notre ville nous permet de réserver les livres de bibliothèque et de passer les chercher en succursale. Comment mes enfants et moi aurions pu survivre sans ça, je me le demande. Mais ça ne remplace pas le geste d’entrer dans le temple des mots, de bouquiner, de sentir l’odeur des livres à défaut de pouvoir y toucher allègrement (on respecte les règles, quand même !). Repartir de la bibliothèque chaque semaine avec un (trop) gros sac de livres a été salvateur. Cependant, cette routine n’est qu’un faible placebo me faisant croire que le sevrage de passe bien. Sans compter que l’emprunt me met de la pression pour tout lire rapidement, alors que j’ai encore quelques décennies pour lire les livres que je possède. Vivement la retraite.

Je veux pouvoir choisir un livre que je n’emprunterai pas, simplement pour le déguster à petites lampées sous les rayons qui traversent la verrière de la bibliothèque. Je veux faire physiquement partie du groupe silencieux des lecteurs aguerris, ceux-là mêmes qui connaissent par cœur leur numéro de carte de bibliothèque, mais qui n’ont jamais su le chemin de la SAQ. Quoique l’un n’empêche pas l’autre. Je veux sourire en observant des enfants s’émerveiller devant les rayons de livres comme si on les avait amenés voir leur équipe sportive ou leur groupe préféré au Centre Bell. Je veux être témoin d’une passion pour les mots qui se transmet d’une génération à l’autre, d’un papa à son enfant, d’une grande sœur à son bébé frère.

Je veux m’asseoir à une table juste assez grande pour accueillir ma bouteille d’eau, mon livre et mon cahier d’écriture. Ah, j’ajoute une revue de tricot, pour le plaisir des yeux. Ça me fait aussi rêver à la retraite, quand j’aurai le temps…

Écrire à la maison, c’est bien, mais écrire ailleurs, c’est mieux. Pour moi en tout cas.

Je suis curieuse: quels sont vos lieux de prédilection pour lire et écrire ?

 

Nathalie Courcy, votre accompagnante à l’écriture

 

 

Nathalie Courcy

Je suis passionnée de mots, de communication et de bien-être global. Je suis la co-auteure du livre Zoé douée et propriétaire des Éditions Quatre et demi. Je détiens un doctorat en littérature (U. Laval). Je suis la maman heureuse de quatre magnifiques enfants.

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