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La docteure qui rêvait de devenir accompagnante à l’écriture

Qui étiez-vous en mai 2006 ?

Que faisiez-vous ?

Quels étaient vos rêves ?

Ça fait juste 15 ans, me direz-vous.

Et si je vous dis qu’avant mai 2006, on pouvait fumer dans les restaurants et sur le terrain des centres de la petite enfance ? Harper venait d’être élu à la tête du pays et le salaire minimum venait d’augmenter à 7,75 $. La covid-19 n’existait pas et moi, j’avais 28 ans. Il s’en est passé, des choses, en 15 ans !

Moi, version 2006

En mai 2006, je venais de donner naissance à ma deuxième fille. J’habitais à Québec et je souffrais sans le savoir d’une dépression qui allait me faire évoluer profondément (ça, j’ai mis plus de temps à le comprendre). Je venais de déposer ma thèse de doctorat en littérature. D’ailleurs, si jamais l’institution littéraire dans les pays officiellement bilingues comme le Cameroun et le Canada vous passionne, je vous prête ma thèse avec plaisir ! Vous deviendrez un des représentants d’une espèce rare, celle des lecteurs volontaires de thèses.

351 pages de recherche, d’analyse, de notes de bas de page. Quatre ans de travaux acharnés et de sac à dos rempli de théories littéraires et de connaissances. Mon directeur de recherche m’appelait « l’escargot » et disait que je transportais tout le savoir du monde sur mon dos.

J’avais voyagé dans plusieurs pays comme Israël, l’Allemagne, le Burkina Faso et le Danemark. Je parlais deux langues et demie, mais j’étais gênée de parler, peu importe la langue. Je rêvais d’enseigner au cégep et d’écrire des livres tout en maternant ma marmaille. Mais sinon, j’existais au jour le jour, de mon mieux.

15 ans et tant de changements

Dans les 15 années qui séparent 2006 de 2021, j’ai déménagé plusieurs fois, j’ai enseigné à l’Université de l’Alberta et en France, j’ai été engagée comme conseillère au gouvernement fédéral sur les bases de ma pieuvritude (c’est-à-dire ma capacité à gérer d’innombrables priorités en même temps tout en animant des ateliers et en rédigeant, révisant et traduisant des documents). J’ai donné naissance à mes deux mini chevaliers, j’ai mis sur pied ma propre maison d’édition. Je me suis formée en douance, anxiété, santé mentale, reiki, création littéraire, parentalité positive, facilitation, name it. Mes enfants affirment que je suis dépendante à l’apprentissage continu. Ils ont raison.

J’ai aussi co-écrit Zoé douée avec mon amie et orthopédagogue Sylvie Régnier et j’ai posté le livre 1 500 fois un peu partout sur la planète. J’ai décidé de mener ma barque parentale en solo, je me suis cherchée, j’ai pris soin de moi et de mes enfants, dans l’ordre et dans le désordre. Et toujours, je suis revenue aux mots.

Ce qu’il reste de ma thèse

J’ai parfois eu l’impression que j’avais étudié pour rien. Je n’enseigne plus la littérature ni le français langue seconde. Dans mes conférences, je ne parle plus des écrivains africains. Les articles que j’écris ne concernent plus la narratologie ni le milieu de l’édition. J’admets, le contenu de ma thèse est bien loin de mon univers actuel. Mais son essence, non. Rien n’arrive pour rien, je ne suis pas la créatrice de cet adage.

Tous ceux qui me connaissent savent que je suranalyse. Que je rédige une thèse dans ma tête quand j’explique quelque chose ; il n’y a jamais assez de nuances pour me satisfaire. Je cherche et je recherche, toujours, même si mon dos réclame de transporter moins d’encyclopédies que dans mes jeunes années. Je me fais un point d’honneur de valoriser la diversité linguistique, culturelle, identitaire et idéologique. Je suis une correctrice fanatique et je jubile quand je trouve enfin moins de cinq erreurs dans un livre édité. Je ne rêve plus d’enseigner au cégep, mais la petite fille qui voulait transmettre ses connaissances en amusant la galerie n’est jamais loin. L’institution scolaire entrerait en conflit avec ma rébellion interne, alors j’enseigne à ma façon et au rythme de ceux que j’accompagne.

Les Éditions Quatre et demi existent encore et je continue à distribuer les livres publiés. L’entreprise telle que je l’ai fondée avait besoin d’un souffle, que dis-je, d’une bonne bourrasque de vent de renouveau. Son style classique, sa mission unique ne me ressemblaient plus. Ces derniers temps, je sens une nouvelle énergie monter en moi, je sens que l’univers est prêt à me voir apparaître et que je suis prête à jouer mon rôle authentique.

Déjà, comme étudiante universitaire, on me voyait comme différente, démoulée. L’originale qui ajoutait des graphiques dans sa thèse. J’étais une des seules femmes qui présentaient dans les congrès de littératures africaines et antillaises. J’étais la plus jeune et la plus blanche. J’étais peut-être aussi la plus timide. Et pourtant, entre deux preuves sémantiques béton, je faisais rire l’auditoire à cravate et à lunettes. Ma personnalité ressortait, on m’encourageait à continuer de rafraîchir ce milieu réglementé.

Quand j’ai traversé du côté professoral de la force, j’ai vite été perçue comme l’enseignante qui ne se prenait pas pour quelqu’un d’autre. Celle qui avait la connaissance, mais pas la tête enflée. J’incarnais le plaisir dans le travail et la conviction que des chemins personnalisés peuvent mener au même résultat. C’est ce que je désire vivre dans mon entreprise d’accompagnante à l’écriture.

Accompagnante… ce n’est pas pour les accouchements ?

Je savais ce que je voulais, mais je ne savais pas comment l’offrir. Je veux écrire et faire écrire, et je veux aider à bien écrire. Je voulais aussi utiliser mon expertise de proche aidante et de paire aidante en santé mentale et en mieux-être. On peut écrire pour publier, mais on peut aussi écrire pour être lue par quelques personnes, ou même seulement par soi-même. Je veux aider à écrire et à réviser les textes, et je veux mettre de l’avant le pouvoir transformateur de l’écriture. Je veux aider des adultes à faire naître les mots et à se donner la permission de se dire et de raconter. Je veux vous aider à trouver votre voix écrite.

« Je suis une accompagnante à l’écriture ». Cette formulation était la réponse à mes questions retournées mille fois dans mon esprit. J’accompagne avec douceur et compétence avant, pendant et après l’écriture. J’informe et je forme ceux qui ressentent cette poussée pour l’écriture jusque dans leur ventre. Je facilite la mise au monde de leurs mots. Je prends soin des mots et de leurs auteurs. J’aide à révéler la puissance d’évocation, de guérison, de transformation de l’écriture.

Dans des ateliers individuels et de groupe, je donne des outils pour autonomiser (et non pour automatiser !) l’écriture. Je propose aussi mes services pour relire et réviser des textes comme des articles de blogues (je révise le blogue Maïka et j’y collabore depuis 2016 ; j’adore avoir un accès privilégié à tous ces points de vue et de vie) et des thèses (je vous ai dit que je suis une accro de la formation continue et trop de sujets me passionnent pour que je ne vive qu’une vie !).

Et comme j’ai toujours trop de choses à raconter et jamais assez de mes journées pour le faire, je blogue et je blague. Je partage mes coups de cœur littéraires et mes prix citron linguistiques. Je rappelle que « faire du sens » ne se dit pas en français correct (ou en français tout court) et que les « si » mangent les « rais ». Ce faisant, je m’amuse et je me muse, j’inspire et je m’inspire moi‑même à écrire. Je ne suis pas encore prête à pondre 351 pages pour l’instant, mais rien de mieux que mettre l’épaule à la roue pour embarquer dans le manège.

 

Alors, sachez que dans les trois cercles de mon logo, il y a les trois volets de mon entreprise qui me tiennent à cœur, aujourd’hui, en 2021 : l’écriture, la révision et la transmission.

Ces mots-phares, mes mots forts, je vous les offre ici et aussi sur mon site.

En passant, la semaine prochaine, la petite fille gênée en moi osera faire sa première vidéo en direct (communément appelée live) pour partager avec vous mes moteurs d’écriture, les grands « pourquoi j’écris ». Révélations garanties !

Nathalie, votre accompagnante à l’écriture

Nathalie Courcy

Je suis passionnée de mots, de communication et de bien-être global. Je suis la co-auteure du livre Zoé douée et propriétaire des Éditions Quatre et demi. Je détiens un doctorat en littérature (U. Laval). Je suis la maman heureuse de quatre magnifiques enfants.

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