Accueil » Blogue » Écrire en robe de chambre

Écrire en robe de chambre

J’ai un côté timide que plusieurs ne connaissent pas. Ce côté timide n’aurait jamais pensé publier sa première vidéo en robe de chambre et couettée ! Surtout pas pour parler d’un moment aussi intime que les hospitalisations de mon papa quand j’étais une enfant.

Ce matin, j’ai choisi de prendre du temps pour écrire et lire avant de commencer ma journée de travail. La maison était calme, ma robe de chambre rose était douillette et chaude. Je me sentais en sécurité. J’ai pris mon journal et j’ai laissé mon stylo parler. En quelques instants, il m’a transportée dans ma rencontre de la veille avec la psychologue. J’ai mis sur papier des souvenirs que je n’ai jamais abordés avec elle et qui ne semblaient pas du tout liés à mes réflexions du moment.

Je me suis retrouvée trente-six ans en arrière, dans la chambre d’hôpital de mon père mourant. Je faisais du bruit en tapant sur les tuyaux de chauffage (vous savez, les gros trucs transportant l’eau chaude pour réchauffer les pièces dans les bâtisses d’un certain âge ? On avait ça aussi au collège. Je me collais dessus pendant les cours pour me réchauffer… Maintenant, j’ai ma robe de chambre pour ça !).

Bien sûr, plus je tapais sur les tuyaux, plus je dérangeais ! Dans mon journal, un dilemme s’est présenté sur la page : je savais que c’était une des dernières fois que je voyais mon papa et je voulais profiter de chaque instant, mais j’étais mal à l’aise dans ce silence presque mortuaire. Je trouvais le temps loooooonnnnnnng. Je voulais partir et rester. Je voulais rester avec lui pour toujours et ne jamais le laisser partir.

Bien sûr, on m’a avertie. On m’a dit d’arrêter. Le bruit sourd amplifiait le mal dans le crâne cancéreux de mon père. J’ai probablement arrêté, je ne m’en souviens pas. J’ai dû bouder un peu. L’enfant qui se fait prendre avec la main dans le sac de bonbons. Ma honte d’avoir osé déranger, d’avoir osé réclamer de l’attention (« Eh ! Je suis là ! »), alors que toute l’attention devait aller à mon père.

En écrivant ce matin, je me suis rendu compte que ma demande d’attention et l’expression de mon ennui révélaient aussi un besoin d’être entendue. D’être écoutée, même si à sept ans, je n’avais pas les mots. Maintenant adulte, je ne les ai pas tous trouvés, mais je les découvre. Je les apprivoise. L’écriture du matin me donne la chance de déballer ce cadeau et de libérer ma parole. Je vous souhaite de vous offrir ce même cadeau.

Si vous avez le goût de lire à propos des pages du matin, tapez « Julia Cameron » dans le catalogue de votre bibliothèque municipale ou dans un moteur de recherche. Vous verrez, c’est un exercice transformateur !

Afficher l’image source      Afficher l’image source

Nathalie Courcy, votre accompagnante à l’écriture

Nathalie Courcy

Je suis passionnée de mots, de communication et de bien-être global. Je suis la co-auteure du livre Zoé douée et propriétaire des Éditions Quatre et demi. Je détiens un doctorat en littérature (U. Laval). Je suis la maman heureuse de quatre magnifiques enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Revenir en haut de page
%d blogueurs aiment cette page :